Pour Alain Minc, les dépenses de santé des "très vieux" sont un "luxe"

Publié le par Thierry Mouron

Minc.jpgCe proche de Nicolas Sarkozy veut que les dépenses de santé des "très vieux" soient prises en charge par eux-même ou par leur famille. Progressiste ?

Son intervention sur le sujet commence à 21,04mn:

http://www.dailymotion.com/video/xd7y9s_parlons-net-alain-minc-la-crise-et_news

(Source: France Info)

 

Invité de l'émission "Parlons Net", sur France-Info, Alain Minc a évoqué le problème de l'assurance maladie. Et pour règler "l'effet du vieillissement' sur les comptes de la Sécu, il a une solution toute simple, qu'il qualifie de "progressiste" : faire cracher au bassinet les "très vieux".

Pour illustrer son propos, le conseiller de Nicolas Sarkozy évoque une anecdote personnelle : "J'ai un père qui a 102 ans. Il a été hospitalisé 15 jours dans un service de pointe. Il en est sorti. La collectivité française a dépensé 100.000€ pour soigner un homme de 102 ans. C'est un luxe immense, extraordinaire pour lui donner quelques mois ou quelques années de vie".

 

Et de poursuivre qu'il trouve "aberrant" que l'Etat "m'ait fait ce cadeau, à l'oeil".

Donc le remède du bon docteur Minc est tout trouvé : "Je pense qu'il va bien falloir s'interroger sur le fait de savoir comment on va récupèrer les dépenses médicales des très vieux, en ne mettant pas à contribution ou leur patrimoine, quand ils en ont un, ou le patrimoine de leurs ayants-droits".

Il attend de voir sa proposition reprise dans le programme des socialistes. A tout le moins, en attendant, il pense en toucher un mot à Sarkozy.

 

Ce que l'on peut en penser :

Comment un homme aussi intelligent qu'Alain Minc peut-il en arriver à profèrer une telle monstruosité et de la qualifier de "progressiste" alors qu'il s'agit d'une régression sans nom ?

Monstruosité, mais pourquoi ? Et bien parce qu'Alain Minc ne s'interroge que sur la santé des "très vieux". Donc, pour lui, quand on est "très vieux" (selon des critères qui restent à définir, 90 ans, 100 ans, 70 ans comme en Angleterre ?), on n'est plus un homme ou une femme comme les autres, puisqu'on n'a plus droit à la solidarité nationale. Cela rompt avec le principe d'égalité.

Ensuite, pour lui, dépenser 100.000€ pour un homme de 102 ans est un "luxe immense". Si on suit sa logique, pour un homme de 40 ans, c'est normal, mais pour quelqu'un qui est plus proche de la sortie que de l'entrée, ça devient contestable. On vaut davantage parce que l'on est encore productif ? Faut-il un barème dégressif de remboursements selon l'âge ? La vie vaut-elle moins d'être vécue quand on a 100 ans passé ?

Et quid des "très vieux" pauvres qui n'ont pas eu la prévoyance d'avoir une progéniture mieux dotée qu'eux ? Ceux là on les soigne ou pas ? Ce serait faire offense à Alain Minc que d'imaginer qu'il ne voudrait pas qu'on les soigne, donc il faudra définir à partir de quel niveau de revenus on est ponctionnable sur la santé de ses parents qui n'ont pas compris qu'il est de très mauvais goût de survivre plus de 10 ans à sa retraite...

Si cette proposition aberrante était reprise -mais je doute qu'aucun politique ne mette le doigt dans cet engrenage infernal- cela constituerait une brèche irrécupérable dans le principe même de la sécurité sociale universelle.

Il y aurait les "bons malades" remboursés et les "mauvais malades" pas remboursés. On commence par les "très vieux", on poursuit par les handicapés, on continue par les fumeurs ou les obèses et on fini avec la mort de la sécu et le champ libre ouvert aux assurances privées. "Progressiste" ?

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Publié dans santé

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Commenter cet article
O
<br /> Polémiquer sur un "extract" de l'émission ne donne aucune lettre de noblesse à qui le fait. Alain Minc s'étonnait que les "très vieux" et "très riches" ne soient pas eux mêmes mis à contribution<br /> dans ce type de situation.<br /> Je n'aime pas non plus Alain Minc, mais ce type d'attaque est à proscrire: je la vois ensuite circuler dans les boîtes emails et elle contribue à tirer vers le bas la considération du<br /> Politique.<br /> Réhabiliter la conscience politique des citoyens est déjà une ambition énorme, n'en rajoutons pas, svp !<br /> <br /> <br />
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T
<br /> la question est bien pire que celle qui consiste à se demander quand on t est considéré comme vieux. Minc pose l'horrible question de l'utilité ou de l"inutilité sociale. Puisque seul l'âge<br /> physiologique compte, quelque soit donc l'a^ge administratif, Minc pense là mettre en oeuvre une échelle de valeur eugéniste, à savoir un vieux est-il encore utile ? Si la réponse est non, à quoi<br /> bon lui sert que la solidarité entre les hommes lui permette de survivre ?<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Qu'elle est la définition d'un vieux ? à 50 ans ont les vieux pour les 20 ans mais des gamins pour les 80 ans.<br /> La vraie question, c'est l'age physiologique :à 80 ans certains sont usés, à 90 d'autres sont encore en pleine forme.<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Euh.. il a quel âge, Alain Minc ?...<br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> Bonne question minijack, mais il a l'argent ...<br /> <br /> <br /> <br />