Tour de France 2010 : Le combat de Laurent Fignon
Je regarde le Tour de France sur France 2 commenté par Laurent Fignon.
Apres le décès hier de Bernard Giraudeau à 63 ans d'un cancer de 10 années d'abord du rein puis du poumon.
J'écoute la voix de Laurent Fignon et je pense à son combat et au combat de tout ceux, qui comme lui, sont rongés par le crabe (voir également mon article sur Jean Max Brua, mort en 1999 de ce cancer, lui qui voulait remonter sur scène et dont son ami Serge Dumond nous a raconté ses derniers moments).
En janvier dernier, le double vainqueur de la Grande Boucle – en 1983 et en 1984 - avait raconté son combat quotidien contre le cancer et était revenu sur la nécessité qu’il avait éprouvé de médiatiser sa maladie, ne pas la cacher aux spectateurs. «Un cancer n’est pas une maladie honteuse. On ne sait pas pourquoi certains tombent malades et d’autres pas. Apparemment, tout le monde a des cellules cancéreuses, qui se développent ou non. J’ai préféré en parler, parce que je me suis dit que ça pouvait aider certaines personnes», expliquait-il alors, avec une profonde humanité.
Le 2 juillet dernier, Laurent Fignon s’était livré à Marc-Olivier Fogiel sur l’antenne d’Europe 1. Il a expliqué pourquoi sa voix à la télévision est aujourd’hui aussi étranglée, ce qui plonge les spectateurs dans l’inquiétude : « J'ai un peu la voix enrouée à cause d'une tumeur qui appuie sur un nerf donc j'ai une corde vocale qui ne marche pas très bien, de temps en temps ça déraille mais pour le reste il y a des hauts et des bas depuis un an». Son cancer des voies digestives est «plus ou moins contrôlé mis à part une tumeur qui s'est un peu désolidarisée des autres et qu'on n'arrive pas très bien à stabiliser.
Sur le forum de France 2, de nombreux internautes confient leur admiration pour l'homme, alors que d'autres regrettent cet exhibitionnisme maladif, comme si l'on ne pouvait pas vivre normalement en étant malade. Le champion a un programme aménagé sur France Télévisions et continue sa chronique sur Europe 1, s’emportant toujours contre les coureurs qui sucent les roues et les spectateurs qui leur manquent de respect. Et à ceux qui critiquent le choix de le conserver comme commentateur, la plus belle réponse qu’il peut apporter était déjà dans l'entretien qu'il avait accordé à Paris Match. «Je n’ai pas envie de mourir à 50 ans, mais si c’est incurable, qu’est-ce que j’y peux ? J’aime la vie, j’adore rigoler, voyager, lire, bien bouffer, comme un bon Français. Je n’ai pas peur de la mort, je n’en ai juste pas envie !», confiait-il alors, comme pour mieux exorciser le mal qui le ronge.
COURAGE ET BRAVO POUR TON COMBAT