France/ Lyon : expulsion d'un père de famille sans papier : Edifiant

Publié le par Thierry Mouron

 

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21h45
La préfecture du Rhône vient d'annoncer que vu l'impossibilité d'expulser Guilherme avant la fin de la rétention fixée à demain, elle libérait Guilherme dès ce soir !
Mais lisez ce résumé de la journée pour voir l'acharnement, la bestialité qui a été déployée !
Fin de matinée :
GUILLHERME n'est pas parti ; il a été débarqué de l'avion et est au centre de rétention de BOBIGNY.
les démarches sont en cours avec un avocat pour le cas ou il serait présenté au tribunal pour refus d'embarquement;
sa femme est montée  et a rejoint les parents d'élèves présents à Paris;
on continue plus que jamais la mobilisation
et on vous tiendra au courant;
on vérifie aussi qu'il n'y a pas d'autre avion possible avant demain 11 H date de fin de sa rétention;

sur Lyon on refait un rassemblement ce soir à 18 H

Denise pour RESF LYON


Cette après midi

Communiqué de presse                                                                    Bobigny, 8 avril  15h 15

 

 


NOUVELLE TENTATIVE D¹EXPULSION DE GUILHERME HAUKA HAZENGA

Guilherme va être expulsé à partir du  Bourget à 17 h30  sur un avion privé, destination inconnue.


Hier, Guilherme, père sans papier de 4 enfants, a été amené en avion privé de Lyon au Bourget, où était rassemblé, comme à Lyon, un important dispositif policier à la descente de l¹avion : environ 30 policiers, 6 voitures de police. Il a alors été saucissonné é de la tête aux pieds, une muselière plaquée sur le visage, il est resté ainsi plus d¹une heure et demie, et monté dans l¹avion comme un paquet.

Refus du commandant de bord de l¹embarquer dans ces conditions,  il est encore resté une heure et demie ligoté et muselé.

Transporté à 4 heures du matin au  CRA de Bobigny. Sa femme Florence, des soutiens de Lyon sont arrivés.         

En début d¹après midi, l¹avocate Dominique Noguères de la Ligue des Droits de l¹Homme a pu le voir.  Lorsque sa femme et Laurent Cantet se sont présentés pour le rencontrer, la police les a informés que Guilherme venait d¹être embarqué pour le Bourg
  

 

 

 


Conférence de presse  à la FCPE à  16 h30, avec Florence sa femme, et les soutiens. Appel à rassemblement devant la FCPE, 108/110 avenue Ledru Rollin Paris 11ème à 16 h 30

 


Moyens démesurés mis en oeuvre contre un seul homme,violences commandées par l¹Etat, exécutées par les fonctionnaires de l¹Etat, pratiques atroces infligées aux sans papiers. Jusqu¹où iront-ils ?


Communiqué LDH  (après-midi)

Paris, le 8 avril 2010

Guilherme Hauka-Azanga : l'acharnement au mépris des droits universels !

Des milliers de policiers ont été mobilisés hier pour assurer, en vain semble-t-il, une troisième tentative d'expulsion d'un père de famille angolais, résidant à Lyon, vers un pays où il n’a plus de liens familiaux et où sa vie serait menacée. Une quatrième tentative d'expulsion serait en cours !

Depuis le 19 janvier 2010, Guilherme a passé quatre jours avec sa compagne et leurs enfants, et soixante-douze jours en rétention ou en prison. Il a subi deux arrestations à son domicile, trois tentatives d'embarquement et trois passages à tabac.

Malgré l'indignation exprimée par les parents d'élèves, les enseignants, des élus et de nombreux lyonnais, en dépit d'une occupation d'école, de nombreuses manifestations rassemblant localement des centaines de personnes, des milliers de signatures et de multiples démarches de personnalités et d’élus, le préfet du Rhône et le ministre Besson persistent dans leur volonté de faire un exemple.

Pourtant, Guilherme Hauka-Azanga est venu demander l'asile à la France après avoir fui l'Angola et les massacres qui ont décimé une partie des siens. Sa seule famille est maintenant constituée de trois enfants réfugiés au Congo et la compagne avec laquelle il a refait sa vie à Lyon, les deux enfants de celle-ci et  les deux enfants nés de cette union. C'est donc une nouvelle fois au mépris des conventions internationales que cette volonté répressive cherche à s'appliquer : comme si le droit à la vie familiale ou le respect de l’intérêt supérieur des enfants étaient des droits à modalités variables en fonction des personnes et de leur nationalité, ou de leur statut social.

C'est l'effet de répétition qui fait sens. La Ligue des droits de l'Homme s'indigne de voir de nombreux pères de familles placés en centre de rétention et menacés d'expulsion, déstabilisant les familles et traumatisant les enfants concernés.

Cette situation s'ajoute aux nombreux refus de séjour qui frappent des jeunes en cours d'études, et à la volonté de laisser pourrir un conflit du travail qui prive de ressources de nombreux salariés sans papiers, dont beaucoup ont en charge une famille.

Parce qu'elle n'a de cesse de condamner une politique qui ne peut s'appliquer qu'en dépit des droits fondamentaux et de la simple humanité, la LDH demande la libération immédiate de Guilherme Hauka-Azanga et de toutes les personnes menacées d’expulsion ainsi que leur régularisation avec un titre de séjour les autorisant à travailler.

Une campagne de mails et fax est lancée vers Francfort et les compagnies aériennes ainsi que vers les pilotes:


Dans les vols commerciaux possibles ce soir, il y en a un sans escale, départ de Francfort Allemagne en direction de Luanda à 21 h 25 sur la TAT (la compagnie portugaise).

Qui a des contacts avec les syndicats en Allemagne ou/ et Portugal ?

Si vous avez, transmettez au plus vite une alerte concernant Guilherme Hauka Azanga, né le 8/8/1965 en Angola, expulsé par la force, hier soir il avait une camisole de force et une muselière (!) qui pourrait partir sur ce vol.
Guilherme depuis 8 ans en France, vit avec Florence en situation régulière, ils ont eu ensemble deux enfants et ils élèvent ensemble les deux enfants de Florence.
M. Hauka Azanga a été interpellé le 19 janvier 2010, placé en rétention administrative ; M. Hauka Azanga a refusé d¹embarquer le 31 janvier 2010 à l¹aéroport de Lyon Saint Exupéry et a alors été condamné à 2 mois de prison ferme pour refus de quitter sa famille le 1er février 2010. A sa sortie de prison le 18 mars 2010, une nouvelle tentative de reconduite à la
frontière a eu lieu. A Francfort, le pilote a refusé d'embarquer pour l¹Angola un homme totalement sous contrainte.
Il a alors été rapatrié en France et placé en rétention. Le samedi 20 mars, libéré par le juge de la liberté et de la détention, il est à nouveau arrêté le 25 mars. Tentative d'expulsion hier mercredi 7 avril.

L'affaire :

Guilherme Hauka Azanga, Angolais, en France depuis 8 ans, vit et travaille ici. Il a quatre enfants dont 3 sont élèves de l’école Gilbert DRU à Lyon 7e, le dernier va à la crèche. Tous sont nés en France.

Récit d'un acharnement :

-Refus de la préfecture de lui donner un titre de séjour : OQTF en 2009.
Enfermement en rétention, tentative d’expulsion le 30 janvier 2010, Guilherme refuse d’abandonner sa famille.
-Condamnation à deux mois de prison pour refus d’embarquement.
-18 mars sortie de prison et nouvelle tentative d’expulsion via Francfort.
-A Francfort, le pilote refuse de partir avec un passager sous contrainte.
-Rapatriement en France par la police, Guilherme est enfermé au CRA de Lyon St Exupéry.
-Samedi 20 mars, le juge des libertés libère Guilherme. A l’issue des 4 heures habituellement réglementaires, l’avocat n’a pas connaissance d’un appel de la préfecture. Parce que c’est le week-end, la préfecture a la possibilité de le faire dans un délai plus large.
-Guilherme retrouve Florence et les enfants.
-Mardi 23 mars la préfecture de LYON, en toute discrétion, fait appel de la décision du JLD, la décision de libération est cassée. Guilherme n’a pas été prévenu, le jugement s’est fait sans lui.
-Jeudi 25 mars, grand déploiement de police vers 8 h 30. Après avoir cassé la porte de l’appartement familial, la police a embarqué Guilherme.
Guilherme est actuellement à nouveau enfermé au CRA de Lyon Saint Exupéry. Une demande d’asile est en cours. Quelle que soit la réponse, Guilherme doit rester parmi nous !
C'est assez d'épreuves, d'injustices et de souffrances pour cet homme, cette femme et leurs quatre enfants ! Maintenant, il faut que Guilherme soit régularisé, afin qu'il puisse vivre en paix dans notre pays et assurer la quiétude de sa famille.

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Publié dans société

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