HAÏTI : Où sont passées les promesses d'aide et d'accueil du gouvernement français ?

Publié le par Thierry Mouron

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TROIS MOIS APRES LE SEISME
Où sont passées les promesses d’aide et d’accueil du gouvernement français ?


• De nombreuses familles haïtiennes se voient refuser l’accueil en France de leurs enfants et leurs proches,
• Les reconduites à la frontière ne sont pas supprimées,
• Les régularisations ne sont pas facilitées.
 

Il est urgent de prendre en compte la situation des Haïtiens en France !
Permettre aux Haïtiens de vivre dans la dignité, leur garantir le droit à une vie familiale normale, avec tous les proches qui le souhaitent, donner à tous le droit aux études, au travail et au séjour : c’est aussi de cette façon que nous aiderons Haïti et ses ressortissants à surmonter l’épreuve sans créer de nouvelles angoisses.

MOBILISONS-NOUS POUR :
• Que soit accordé aux Haïtiens un titre de séjour avec autorisation de travail
• Que soient facilités les rapprochements et le regroupement des familles en France
• Que soient supprimées les exigences irréalisables en matière de documents d’état-civil.

Liste des premiers signataires de cet appel :
Associations franco-haïtiennes : Plate-forme d’associations franco-haïtiennes (regroupant 50 associations francohaïtiennes), SOS enfants d’Haïti, AMITI, Collectif Haïti de France (regroupant 70 associations franco-haïtiennes), Association nouvelles images d’Haïti, Association Ressources haïtiennes et amis d’Haïti en France, Arbre de vie, Mouvement haïtien
pour une conscience nationale, Agence haïtienne pour le développement local, France plurielle Argenteuil, Association Voix de la métropole, Association Anacaona droits humains Haïti, Association Espoirs et Merveilles, Association Zanmi Zetwal Ayiti, Union des Saints-Louisiens de France, Association Culturelle et Intégration Haïtienne de France, Coeur d'Haïti. Prêtres,

Pasteurs et églises évangéliques : Père Emile BELDOR (Aumônier des hôpitaux), Père René SOLER, Pasteur Louisner LOUIS-JEAN, Pasteur Lionel CHARLES, Pasteur Rodrigue VALENTIN, Pasteur Fednor EDOUARSIN, Pasteur Patrick DIEUJUSTE, Pasteur Thonès DELMAS, Pasteur Gasner MENARD, Pasteur Oslet VALENTIN, Pasteur Jean Yvon CHARLES, Pasteur Rémy CHARLES, Pasteur Saint Julien JOSEPH, Pasteur Anténor REGISTE, Eglise évangélique de Salem, Eglise protestante du Nazaréen de Paris, Eglise évangélique de France.


Avec le soutien d'associations de solidarité, de syndicats, de personnalités politiques : France Amérique latine, GISTI, Réseau éducation sans frontières, CIMADE, Ligue des droits de l’homme, MRAP, Collectif Migrants outre-mer (regroupant : ADDE, AIDES, Anafé, CCFD, la Cimade, Comede, Gisti, Eléna, LDH, Médecins du monde, MRAP, Secours catholique, Collectif Haïti de France), Union des associations latino-américaines de France, FSU, Emmaüs International, Parti Socialiste, Défense des Enfants International (section française), Harlem Désir (Député européen), Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, François Auguste (Vice président du Conseil régional Rhône Alpes - PCF), Centre de Recherche et d’Information pour le Développement, FASTI.

 

3 situations rien que la semaine dernière !


1) Cayenne : Expulsion d'une malade mentale

Le jeudi 09 avril, la Police de l'Air et des Frontières a expulsé à Macàpa, Brésil, la jeune Kelly, brésilienne de 22 ans. Cette jeune fille a disparu depuis son arrivée à Macàpa et elle est en grand danger car elle est malade mentale, psychotique.

Kelly a le comportement d'une jeune adolescente, il lui arrive d'entendre des voix et d'avoir des visions. Elle a des attitudes paradoxales et des délires de persécution. Elle doit absolument suivre un traitement médical (Zyprexa). Elle est suivie par le Centre Médico-Psychologique du CHU de Cayenne (WAPA). Elle vit à Cayenne avec sa mère Mme Noemia ARAUJO SILVA qui la prend en charge totalement. Elle a aussi un enfant de 18 mois Vitoria ARAUJO SILVA, né à Cayenne, dont le père est en situation régulière.
Mlle K elly Cristina ARAUJO SILVA a déposé, avec l'aide de l'association DAAC Guyane, une demande de carte de séjour pour raisons médicales le 10/02/2010. Cette demande est restée sans réponse et n'a pas fait l'objet d'un récépissé. Sa mère a déposé une demande de titre de séjour le 01/04/2008, restée sans réponse.
Lors de son arrestation, elle portait sur elle un certificat médical. La CIMADE est intervenue auprès de la PAF et de la Préfecture. Le Réseau Education Sans Frontières (RESF) a contacté le Centre de Rétention et le représentant de la PAF à la Préfecture. Ils ont refusé de la libérer sous prétexte que Kelly avait vu un médecin au centre de rétention. Or il est impossible de rencontrer Kelly sans se rendre compte que son état psychologique est anormal.
Nous demandons le retour immédiat de Kelly à Cayenne.
Elle portait lors de son expulsion, une robe jaune. Elle a en poche
la somme de 50€ (mais elle n'est pas capable de faire du change) et n'a pas son passeport. Elle n'a aucune famille ni contact à Macapa. Toute personne ayant des informations sur elle à Macàpa est invitée à se manifester auprès du Consulat du Brésil à Cayenne.


2)Tentative d’expulsion d’un Haïtien au départ de l’aéroport d’Orly
Témoignage de Monsieur A. adressé le 18 mars 2010 au président de la fédération d’associations franco-haïtiennes de la Guadeloupe10h30, Orly sud le 17 mars 2010, vol CORSAIR SS 0866 départ 11h10 à destination de Pointe à Pitre via Fort de France.Il est 10h35 quand je me trouve à bord de l’appareil accompagné de ma concubine. Après quelques minutes, le temps de s’installer, notre attention est retenue par des cris et un brouhaha qui proviennent du fond de l’avion d’où plusieurs policiers en civile et en uniforme s’agitent autour d’un homme de couleur noire.
> Je me rapproche auprès d’un steward pour lui demander ce qui ce passe et celui-ci me répond que c’est une personne qui serait rentrée clandestinement sur le territoire Français et qu’il était donc renvoyé dans son pays d’origine.
> J’insiste pour connaitre le pays de cet homme, et quelle n’est pas ma stupéfaction lorsque j’apprends que ce "clandestin" est Haïtien.Je me suis immédiatement insurgé devant cette situation,
sachant ce que ce peuple vient d’endurer et qu’il y a une trêve entre la France et Haïti, trêve qui permet à tout ressortissant Haïtien de pouvoir demander l’asile sur le territoire Français.
> Je prends donc la décision de me rendre à l’arrière de l’appareil afin de me renseigner auprès des 2 policiers en civil, qui sont restés avec ce Mr Haïtien, menotté les mains dans le dos, les pieds liés comme
si cette personne était un dangereux criminel, au point tel que l’un des policier avait sa jambe gauche posée sur celles du "clandestin" alors qu’avec ses mains il lui tenait le visage afin qu’il ne puisse pas se débattre, pendant que l’autre policier aidait son collègue à maintenir cet homme qui ne cessait de hurler qu’il ne voulait pas retourner à Haïti, qu’il avait tout perdu, sa maison, ses proches et qu’il préférait aller en prison ici parce que là-bas il n’y avait que la mort.Je me suis donc présenté et après avoir posé des questions sur le statut de cet homme, et était-il normal de le maintenir de cet façon aussi inhumaine, humiliante qu’inacceptable, ces 2 policiers m’ont expliqué qu’en fait ce Mr était en possession d’un passeport valide avec un visa qui malheureusement avait expiré et qu’il avait un peu tardé à faire régulariser sa situation. Ils l’escortaient jusqu’en Guadeloupe pour soit disant refaire la démarche afin d’obtenir peut-être la régularisation, parce qu’il était rentré sur le territoire Français par la Guadeloupe.Entre temps un médecin en pédiatrie, exerçant à l’hôpital St Vincent de Paul à Paris, c’est joint à moi pour faire pression auprès des policiers pour que dans un premier temps ils relâchent leur étreinte sur Charly puisqu’au dire de ces 2 hommes ce "clandestin" se prénomme ainsi, et pour que dans un second temps, le Docteur puisse prendre son pouls, tant Charly était dans un état de panique, de peur, de surtension, d’angoisse et de nervosité extrême. Le médecin a même proposé de lui donner un calmant, chose que les policiers ont catégoriquement refusée.Devant cette situation, j’ai demandé au steward que le commandant de bord vienne sur les lieux. Celui-ci s’est présenté et nous a ordonné d’aller nous assoir et à demander à Charly de cesser de faire tout ce raffut, car de toute façon il avait pris la décision de décoller et sur ses paroles s’en est retourné.
> Je lui ai dis que de toutes façons il n’était pas question que cet avion décolle avec à son bord une personne qui était maintenue dans ces conditions et que je refusais donc de m’assoir, j’ai demandé aux personnes qui m’approuvais de bien vouloir se lever. Plusieurs voyageurs se sont alors joint à moi, dont un couple qui m’a laissé ses coordonnées pour
témoigner si besoin était et qui doit me faire parvenir quelques photos prisent à bord dès la fin de leur séjour sur la Martinique.Pendant ce temps, le commandant de bord a fait avancer son avion en direction de la piste d’envol. Ne voyant pas d’autre solution, j’ai décidé d’appeler France 2 TV, service reportage, pour les informer de la situation et en espérant que cela allait peut-être faire revenir le commandant de bord sur sa décision.
> Après avoir expliqué ce qui se passait à bord de ce vol au Directeur du service reportage, Mr C., que j’informais par téléphone de l’évolution des événements, j’ai à nouveau demandé au steward de prévenir le commandant de bord de ma décision concernant France 2, et c’est donc après plusieurs minutes que celui-ci a fait une annonce comme quoi il était forcé et contraint de s’arrêter sur un parking en bout de piste pour débarquer un "individu en situation irrégulière".C’est ensuite un véhicule de la PAF qui est venu se positionner à l’arrière du boeing 747 pour que les policiers descendent de l’avion accompagné de Charly.
> Nous avons décollé à 12h35.J’ai eu Mr C. depuis au téléphone, il m’a confirmé que Charly était retourné en centre de rétention pour 3 ou 4 jours, mais que du fait que j’avais fait intervenir la presse télévisée, qu’il était fort possible que les autorités réfléchissent à deux fois sur l’expulsion de Charly, et qu’il allait mener une enquête de son côté quant à savoir si les conditions de la trêve sont bien respectées et qu’il était près au cas où à faire un reportage sur le sujet.Dans l’espoir que mon intervention puisse permettre à toutes et tous ces "CHARLY" de vivre dignement et de refermer leur blessures, et si demain je dois à nouveau recommencer ce que j’ai fait, alors c’est avec la plus grande fierté que je recommencerai...

3)Le MRAP s’élève contre le renvoi vers Haïti à partir de la Guadeloupe de

Stéphanie, jeune réfugiée haïtienne de quatorze ans dont les parents
vivent en France


Avant-hier 7 avril, l’avocate de Stéphanie, jeune mineure haïtienne de  quatorze ans, retenue en zone d’attente en Guadeloupe depuis le lundi 5
avril - après s’être présentée à la douane de Pointe-à-Pitre en provenance d’Haïti qu’elle quittait pour rejoindre ses parents -saisissait le Préfet de ce département d’une demande de sursis immédiat au renvoi, programmé pour le 8 avril au soir par la Police de l’Air et des Frontières, de la jeune fille en Haïti.
Comme en témoigne une dépêche de l’AFP de ce jour, cette reconduite a bien eu lieu au motif, invoqué par le préfet et la police, que la jeune  fille avait déjà tenté de se faire admettre en présentant de « faux papiers », ajoutant qu’ "Il faut faire très attention à tout ce qui est trafic d'enfants et de faux papiers".
Dans la situation de tragique chaos qu’a provoqué le séisme haïtien effondrement de milliers de demeures et de bâtiments administratifs, perte lourde de conséquences de toutes possessions personnelles dont les documents d’état civil – le choix des autorités administratives françaises de renvoyer une mineure isolée fait preuve d’une cruelle inhumanité.
Un tel renvoi se trouve en totale contradiction avec le communiqué du ministère de l’Immigration du 13 janvier dernier, au lendemain du séisme en Haïti, donnant « instruction à ses services de suspendre  immédiatement toutes procédures de reconduite dans leur pays d’origine des ressortissants haïtiens en situation irrégulière sur le territoire national ».
Comme l’écrivait son avocate « Il va sans dire qu’une fois encore ce sont toutes les réglementations applicables en matière de droits des étrangers mineurs qui vont être bafouées allègrement »
Le MRAP s’insurge contre une procédure qui méconnaît totalement
  - les articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
  - les articles 3 et 9 de la CIDE (convention internationale pour les droits de l’enfant) stipulant que « l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale » et que « Les États-parties veillent à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré ».
Le MRAP demande avec force que Stéphanie reçoive en urgence des autorités consulaires françaises en Haïti un visa de long séjour pour la France afin que ses parents qui y résident puissent y solliciter un regroupement familial sur place.

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Publié dans société

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